La désolation de ta vie qui lentement t'échappe. Cette vie qui t'apparaît comme une galerie s'enfonçant sous terre. La ou ne règnes qu'angoisse et ténèbres.
Le sentiment de ne rien valoir, de n'être rien, de n'avoir rien à espérer. Et mêlée à ce sentiment, la vague sensation qu'une plainte ou un cri, ou bien encore une toute simple paroles qui dirait la fatigue, le non sens d'avoir à subir une vie qui se refuse, la désespérance de celui que ronge la nostalgie du pays natal et qui sait ne pas pouvoir le retrouver.
Ce voyage tu n'as pas eu a le décider. Il a commencé bien avant le jour ou tu as cru te mettre en route. A ton insu, tu t'es trouvé embarqué et il t'a fallu consentir
Parfois tu souffres tant que pour tenter de ne plus souffrir, tu cherches a verrouiller ta sensibilité, saccager en toi la source des émotions.
Tu n'es plus que l'ombre de toi même, et le peu d'énergie dont tu disposes, tu l'emploi a cacher ton désarroi, essayer de paraître a peu près normal
Te connaître. Susciter en toi une mutation. Et par cela même, repousser tes limites, trancher tes entraves, te desapproprier de toi même tout en te construisant un visage. Créer ainsi les conditions d'une vie plus vaste, plus haute, plus libre. Celle qui octroie ces instants ou goûter a l'absolu.
Insupportable a toi même. Brûlé par un feu. Brûlé et consumé et détruit par ce dégoût et cette haine que tu t'inspires. Repoussé chaque fois a l'extrême limite de ce qu'il t'est possible d'endurer. Mais a chaque assaut la limite recule. Tu n'as plus aucun désir et rien ne t'intéresse. Etres et chose ont disparus dans un brasier et tout n'est que cendres. L'ennui. L'accablement. La nausée du temps qui ne coule plus. Ne coulera plus. Suffoquant a la pensée de ces jours qui s'étendent devant toi. Un combat de chaque seconde. En permanence le besoin d'en finir. Rodant autour du geste ultime. Pour te préparer a l'instant ou il te faudra l'accomplir. L’intenable. L’intenable. Et aucun répit. Aucun refuge. Aucune échappatoire. Demeurer la. Dans ce regard qui se regarde. Cet oeil qui se scrute. Et attendre. Et patir. L’être rompu, désagrégé, anéanti. N’étant plus que douleur.Mais donner a autrui une idée de cet absolu de la souffrance est rigoureusement impossible. Voilà pourquoi cette souffrance qui t'avilit, t'empêche d'être a l'unisson, te fait vivre dans la honte, tu la caches, tu la tais.